DIAM (Decentralized Invisual Art Market)

FAQ L’art invisuel

Qu’est-ce que l’art invisuel ?

Un genre d’art qui existe autrement que sous forme d’œuvre d’art matérielle ou immatérielle. Une œuvre d’art matérielle veut dire une peinture, une sculpture ou une installation. Oeuvre d’art immatérielle veut dire une performance, un happening, de l’art numérique ou une installation immersive. Dans l’art invisuel il n’y a plus d’œuvre d’art. Avec toutes les conséquences que cela implique. Il n’y a pas de définition de l’art invisuel a part le point commun des pratiques invisuelles, le fait que ces pratiques existent autrement que sous forme d’œuvre d’art.

Ce n’est pas possible. S’il n’y a pas d’œuvre d’art alors il n’y a pas d’art

Yes, it is possible. The notion of art has evolved over time. In 1870 art was figurative and Si, c’est possible. La notion d’art a évolué dans le temps. En 1870 l’art était figuratif et représentait la figure humaine, des fleurs ou des objets. En 1910 il est devenu abstrait, un tableau étant fait de lignes, points et surfaces qui ne représentait plus rien du tout (l’Art abstrait – Vassily Kandinsky). En 1915 l’œuvre d’art était fabriquée en usine et non plus de la main de l’artiste (le Ready-made – Marcel Duchamp). En 1954 l’œuvre d’art s’est dématérialisée (Groupe Gutaï).

Pourquoi je n’ai pas encore vu de l’art invisuel ?

Parce que c’est un format d’art récent et radicalement différent de l’art visuel qui reste hégémonique aujourd’hui. De plus, l’art invisuel n’est pas visible dans les lieux traditionnellement consacrés à l’art visuel tels que les galeries, musées ou foires. Il a ses propres manières d’exister et d’être mis en partage. L’art invisuel n’est pas fait pour être vu mais plutôt pour être vécu. Il y a donc peu de chances de voir de l’art invisuel dans des galeries d’art, expositions ou musées.

Où peut-on voir de l’art invisuel ?

Nulle part et partout. L’art invisuel n’est pas un art fait pour être vu comme l’art visuel. Il se manifeste et existe ailleurs que dans les lieux consacrés à l’art visuel tels que les galeries, les musées et les foires. L’art invisuel est un art d’existence et non pas de production comme l’art visuel. C’est un art authentique et non pas un art illusoire comme l’art visuel. C’est un art fait pour être vécu. En ce sens, il y a de l’art invisuel potentiellement partout.

Quand je vois un tableau accroché sur un mur je vois de l’art, c’est clair. Mais pour l’art invisuel comment ça se passe ?

L’art invisuel n’existe pas sous forme d’œuvre d’art, il fusionne avec la vie et avec la réalité ordinaire. Si vous êtes face à un mur, c’est le mûr lui-même qui peut avoir été peint par un artiste, ou construit, ou c’est le parcours vers ce mur qui peut avoir été mis en place par un artiste comme un travail artistique.

Pour moi c’est absurde de penser que l’art puisse exister en dehors des galeries, foires, expositions et musées

Vous avez raison, parce que vous croyez que l’art se réduit à l’art visuel. Mais en dehors de votre croyance personnelle, d’autres choses et d’autres personnes peuvent avoir leur convictions qui ne sont pas forcément les vôtres. N’oublions pas que ce sont les artistes qui décident de ce qui art et ce qui ne l’est pas. Et peu importe que vous aimiez ou pas leur art?.

L’art invisuel est-il invisible ?

Il ne faut pas confondre invisuel et invisible. Invisible c’est ce qu’on ne voit pas. Invisuel c’est l’art qu’on ne voit pas avec les critères de l’art visuel. L’art invisuel relève d’une visibilité qui n’obéit pas aux caractéristiques de l’art visuel. Il est invisible mais seulement du point de vue de l’art visuel. On peut dire que l’art invisuel est visible mais d’un autre point de vue que l’art visuel.

Qu’est-ce qui n’est pas de l’art invisuel ?

Les oeuvres d’art matérielles telles que : peinture, sculpture, collage, gravure, lithographie, dessin, installation, graffiti, land art, street art. Les oeuvres d’art immatérielles telles que : performances, happenings, art vidéo, action, art numérique, art son, art virtuel…

Quelle est la différence entre l’art invisuel et la performance ?

La performance a été inventé en 1954 par le Groupe Gutaï au Japon. Depuis, elle s’est beaucoup diversifiés. Une performance est une oeuvre d’art immatérielle, annoncé dans la programmation du d’un musée par exemple et qui se déroule de tel jour à tel jour de telle heure à telle heure. Avec la performance nous savons qu’il y a de l’art quelque part et à tel moment. L’art invisuel opère une fusion entre l’art et la vie quotidienne. Il n’est pas du tout dépendant de l’infrastructure de l’art pour exister comme par exemple les performances. Une pratique invisuelle n’est pas forcément annoncées dans la programmation d’un musée.

Quelle est la différence entre l’art conceptuel et l’art invisuel ?

L’art conceptuel est un courant artistique des années 1960 apparu au États-Unis pour qui le concept ou l’idée était plus importante que sa réalisation. La plupart de l’art conceptuel sont des œuvres d’art que l’on voit dans des musées et galeries d’art. Finalement, l’intention de départ n’a été qu’accessoirement respectée dans l’art conceptuel. Dans l’art invisuel l’idée même d’œuvre d’art n’existe plus. S’il y a œuvre d’art c’est qu’il ne s’agit pas d’art invisuel.

Si je déclare que ma manière de dormir constitue ma pratique artistique cela fait de moi un artiste ?

Potentiellement oui. Cela fait de vous un artiste invisuel. Il peut y avoir de la créativité dans toute activité humaine sans pour autant que cela soit de l’art. Mais quand cette créativité est construite et développée en tant que telle dans le temps, l’activité en question devient une pratique artistique et fait de vous un artiste. Et dans ce cas votre manière de dormir sera votre format artistique tout comme le tableau l’est pour l’artiste visuel.

Non mais sérieusement, ça c’est de l’art ?

Oui. Cela peut paraître étrange, curieux, étonnant ou révoltant mais l’histoire de l’art nous démontre que l’art peut être tout : un urinoir, marcher sur la muraille de Chine, un cube, des traces sur une plage, des graffitis sur un mur d’immeuble ou des tatouages sur un cochon. C’est la particularité de l’art que d’être un domaine de tous les possibles.

Si un fait ordinaire de la vie peut être de l’art invisuel alors tout le monde est artiste ?

Potentiellement oui. Tout le monde peut être artiste sous les conditions suivantes : la personne se dit “je suis un artiste”, ensuite “ceci est mon travail artistique, et la troisième et la plus difficile c’est “faire en sorte à ce que d’autres acceptent cet état de fait”.

Ah j’ai compris, l’art invisuel c’est vraiment n’importe quoi.

Oui, tout à fait et c’est son atout, sa grande richesse. L’art doit être libre comme l’air et non pas rigide comme la pierre. Chaque domaine d’activité a ses propres spécificités et une des spécificités de l’art c’est la liberté de création. Sans liberté de création, sans inventivité il n’y a pas d’art. Quand on dit liberté de création on dit liberté, quand on dit liberté ça veut dire que tout est possible, y compris le n’importe quoi.

Quels sont les critères permettant d’identifier l’art invisuel ?

L’art qui n’existe pas sous forme d’œuvre d’art c’est de l’art invisuel. C’est le critère essentiel. Tout comme on dit que si notre énergie n’est pas produite par des centrales à charbon c’est de l’énergie verte. Les critères de l’art invisuel ne décrivent pas la pratique artistique, ils l’identifient par différenciation de l’opposé.

Qui décide de ce qui est art invisuel et de ce qui ne l’est pas ?

Les artistes. Les artistes seuls décident ce qui est l’art. Tout comme c’est l’architecte qui décide de l’architecture de telle ou telle construction. Dans l’art visuel c’est les institutions, les collectionneurs et les investisseurs qui décident de ce qui est art et surtout de ce qui est le bon art. Du point de vue de l’art invisuel cela est une anomalie. Une des particularités de l’art invisuel c’est qu’il offre aux artistes la possibilité de reprendre le contrôle sur leur liberté de création.

Pourquoi les artistes doivent-ils vivre de leur travail ?

Si l’art est une profession les artistes doivent vivre de leur travail, ils doivent être rémunérés pour leur travail. Quel qu’il soit, visuel ou invisuel, moche ou beau. Vivre de son travail n’est pas un privilège, c’est un droit. Les artistes ne font pas exception du monde. C’est pour cette raison que les artistes doivent vivre de leur travail.

Une distinction entre démarche invisuelle et projet invisuel

Selon l’art invisuel il y une distinction entre démarche et projet. Une démarche invisuelle est un parcours artistique intégralement invisuel, à échelle d’une vie. Un projet invisuel est une action ponctuelle invisuelle au sein d’un parcours de type art visuel. Le nombre de démarches invisuelles est plus restreint que le nombre de projets invisuels.

Depuis quand l’art invisuel existe ?

Les démarches invisuelles existent depuis 1983. Les actions ponctuelles invisuelles existent depuis bien longtemps avant, probablement depuis le début du XXe siècle ou même avant. C’est ces actions-là, ponctuelles, invisuelles, qui ont précédées l’avènement de l’art invisuel à la fin du XXe siècle.

Une vision ouverte de l’art

Du point de vue de l’art invisuel, l’œuvre d’art n’est pas une obligation mais seulement une option. L’art de nature visuelle se réduit à un seul format, quand l’art de nature invisuelle en offre une multitude. Selon l’art invisuel, les limites de l’art sont plus larges que les limites de l’œuvre d’art. Si l’art visuel est unidimensionnel et fermé parce qu’il considère que seule l’oeuvre d’art c’est de l’art, l’art invisuel est un art multidimensionnel et ouvert parce qu’il dit qu’il existe une infinité de formats en dehors de l’oeuvre d’art.

L’art invisuel est-il un mouvement artistique ?

No. The invisuNon. L’invisuel n’est pas un mouvement artistique comme par exemple l’art abstrait, au sein de l’art visuel. C’est un genre d’art à part entière tout comme l’art visuel. Au sein de l’art invisuel il peut y avoir une multitude de mouvements artistiques tout comme au sein de l’art visuel les mouvements artistiques que l’on connaît bien. Tout comme la physique est composée de deux genres de physique, générale et quantique, l’art est composé d’au moins deux genres d’art : visuel et invisuel. Chacun avec sa complexité et ses mouvements.

Puis-je avoir des exemples de pratiques invisuelles ?

Il existe potentiellement des millions d’artistes invisuels. En voici quelques exemples à titre indicatif :

Liliane Viala

Liliane Viala est une artiste qui organise des protocoles au sein des entreprises pour perturber la rigidité des gestes des employés dans l’idée de faire comprendre leurs gestes mécaniques et mettre en critique l’aspect inhumain de la vie des employés en entreprise.

Gilbert Coqalane

Gilbert Coqalane est un artiste basé dans la région de Nancy. Il est le créateur du Mouvement Perturbationiste. La perturbation est l’action visant à perturber la réalité d’un espace public ou la perception de ses utilisateurs. Un ensemble de perturbations constitue une offensive artistique.

Bernard Delville

Bernard Delville est un “artiste permanent” selon ses propres dires, basé en Wallonie. Il construit des centrales éoliennes en demandant aux parents d’enfants des villages ou il construit les centrales de financer les centrales de manière à ce que lorsque les enfants deviendront adultes ils seront les propriétaires de leur propres sources d’électricité.

François Deck

François Deck est un artiste-consultant qui travaille sur les processus de décision. Il a inventé l’”esthétique de la décision” qui considère les prises de décisions comme des formes d’esthétiques ou des pratiques artistiques. Il formule des protocoles qui bouleversent les cadres habituels de prises de décision trop rigides.

Sylvain Soussan

Sylvain Soussan est un artiste qui intègre les notions de liquide, fluide, écologie, environnement et climat dans son travail. Il est le fondateur du Musée des nuages et propose des produits et des services relatifs à ces notions. A travers son action, il reformule radicalement la notion de musée. Un de ses produits phare est “Eau du robinet au naturel”. Il s’agit de bouteilles remplies d’eau du robinet de Paris.

The Lazy Artist

L’Artiste paresseuse AKA The Another Lazy Artist est une artiste dont la pratique est de ne rien produire. L’artiste rédige de temps à autre des textes dans lesquels elle affirme pourquoi elle ne produit rien. Dans un monde de l’art ou la production est la norme l’artiste adopte l’”aproduction”, un pratique artistique basée sur l’expérience et non pas sur la production.

Elisa Bolazzi

Elisa Bolazzi est une artiste qui agit comme une parasite. Elle se promène dans des musées, expositions et galeries d’art et vole des minuscules parties d’œuvres d’art, qu’elle appelle microéléments. Elle répertorie soigneusement ces microéléments et les collectionne. L’artiste installe des Cabinets de regard dans des musées et galeries ou les publics sont invités à regarder au microscope ces microéléments.

Gary Bigot

Gary Bigot est un artiste dont la pratique est basée sur quatre principes d’action : pas de production, pas de promotion, pas de profit, pas de propriété. L’artiste considère que l’art est une forme d’existence et non pas une force de travail aboutissant à la production d’objets d’art qui n’ont aucune incidence sur la vie réelle.

John Bernad

John Bernad est un artiste qui organise des voyages en demandant aux voyageurs d’écrire un journal de leur voyage. L’artiste considère que l’art est l’expérience du voyage, du déplacement mental et physique.

Ricardo Mbarkho

Ricardo Mbarkho est un artiste dont le projet majeur s’intitule “La Journée Libanaise du Taboulé”. Il s’agit d’une fête annuelle à l’échelle du Liban qui a pour objectif d’offrir aux libanais un moment de paix, au-delà des divisions culturelles et religieuses qui gangrènent le pays.

Nicolas Rivard

Nicolas Rivard est un artiste dont la pratique est de l’ordre de l’infiltration. Il se fait embaucher pour faire des “jobs” et agit par mimétisme et détournement, par réappropriation de rôles sociaux. Il s’infiltre dans des écosystèmes existants pour mettre en valeur son économie et ses relations en tant que dispositif d’activité artistique.

L’art invisuel est très abstrait, un peu comme la philosophie ?

Oui et non. Tout dépend des artistes. Ça peut être un état d’esprit, chose qui est très abstraite mais ça peut être aussi une centrale éolienne, chose très concrète. La grande majorité des pratiques invisuelles sont très concrètes, quelle que soit leur format et/ou langage.

Quelle est cette nouvelle forme de créativité existante dans chacun que DIAM veut révéler et valoriser ?

L’art visuel limité à l’œuvre d’art ne révèle pas entièrement la créativité chez l’individu. L’art visuel, en plus d’être très limité, est élitiste et discriminatoire parce qu’il exige beaucoup de privilèges et de compétences. L’art invisuel est démocratique et accessible, avec un simple geste de la vie quotidienne une personne “ordinaire” peut faire de l’art, tout comme dans l’exemple avec le lit.

L’émergence de l’art invisuel signifie que l’art visuel est mort en tant qu’art ?

L’art n’a d’intérêt que s’il est associé à la découverte. Nous avons d’une part un art limité à l’art de nature visuelle, à un seul support, à l’œuvre d’art, une histoire de l’art visuel qui a exploité jusqu’à répétition les possibilités de l’art visuel. D’autre part, nous avons une croissance exponentielle du nombre d’artistes. La combinaison entre ces deux facteurs font que l’œuvre d’art est devenue beaucoup trop limitée. L’art visuel est révolu et les artistes doivent passer à autre chose aujourd’hui, tout simplement parce que l’œuvre d’art n’offre plus de possibilités créatives comme cela a été le cas dans le passé.

L’art invisuel exclue-t-il l’art visuel ?

Non. L’art invisuel n’exclut pas l’art visuel. C’est deux aspects différents de l’art. Tout comme dans la société il y a de la place pour tout le monde dans toute sa diversité, dans l’art toutes les formes d’art peuvent coexister. L’émergence de l’art invisuel peut être perçue comme une complexification de l’art avec le temps qui passe. L’art invisuel peut être perçu aussi comme une réaction à l’impossibilité de l’art visuel à se renouveler. Chaque chose a ses limites et l’art visuel ne fait pas exception. Pour l’art invisuel on ne connaît pas encore les limites, on le verra dans le temps.

L’art invisuel n’est pas une nouveauté, les artistes de l’art visuel ont déjà tout fait.

Non, les artistes visuels n’ont pas tout fait, ils ont atteint 10% des possibilités créatives de l’art, et encore. Il faut faire une différence entre ce que les artistes ou les spécialistes disent et ce qu’il font réellement en dehors de tout critère établi donc dogmatique. Ce qui compte dans l’art n’est pas le sujet mais la manière dont on l’aborde, le langage et le format. S’il n’y a pas invention en matière de langage et de format c’est qu’il n’y a pas d’invention du tout.

Voyons l’art comme un jeu.

On va comparer l’art à un jeu. Une fois que l’on connait toutes les combinaisons possibles du jeu, la seule chose qui nous reste c’est de recommencer encore et encore, c’est d’être dans une répétition. Si le jeu de l’art a permis dans le passé d’inventer des nouvelles règles, des nouvelles combinaisons, de repousser à l’extrême les limites de l’œuvre d’art, de le construire et déconstruire dans tous les sens possibles et impossibles, aujourd’hui ses mouvements sont épuisés. La seule perspective qui reste alors pour l’art, c’est non pas de chercher des nouvelles combinaisons au sein d’un même jeu, mais de passer à un autre jeu. Et c’est justement ce que l’art invisuel permet : changer de paradigme.

Pour quoi l’art l’invisuel existe ?

L’émergence de l’invisuel est le fruit de l’impossibilité de l’art visuel à se renouveler mais aussi le fait que certaines choses anciennes arrivent à expiration et d’autres naissent. L’art invisuel est le résultat et la suite d’une histoire qui le précède. L’affranchissement de l’œuvre d’art, quelque chose qui semble contre nature pour des artistes selon les dogmes de l’art visuel est le fruit de l’impossibilité de l’art visuel c’est-à-dire de l’œuvre d’art, à répondre aux exigences des artistes et à leurs attentes en termes d’inventivité.

Pourquoi l’art invisuel comporte une dimension politique ?

L’invisuel peut être perçu aussi sous le prisme d’une diversification de l’art en cassant le monopole de la pratique unique. Ce genre d’art pose les bases d’un nouvel état d’esprit qui nous fait voir l’art d’une manière radicalement différente de ce que l’idéologie dominante nous laisse croire. En ce sens on peut dire qu’il y a une dimension politique évidente de l’art invisuel.

Ce n’est pas normal qu’une personne ordinaire puisse être un artiste.

Si, c’est normal. Si l’on pense qu’une personne ordinaire ne peut pas être un artiste c’est qu’on est victime de préjugés sur l’art et sur les artistes. L’idée que les artistes sont touchés par la grâce divine et que les autres ne le sont pas est une supercherie. Au XIXe siècle on considérait que la femme est inférieure de l’homme, qui n’a pas le droit de faire des études ou d’avoir des responsabilités. Aujourd’hui cela paraît absurde mais à l’époque c’était la réalité du monde. L’artiste est une personne ordinaire dotée d’intelligence propre et celà suffit largement pour formuler une pratique artistique.

Si je deviens artiste je vais perdre ma profession.

Non. Vous pouvez garder votre profession et au contraire, développer grâce à l’art invisuel votre créativité au sein de celle-ci. La créativité n’est pas de l’art pur, elle existe dans toutes les professions même les plus rigides. C’est votre créativité au sein de votre propre profession qui donne sens à votre existence. Il vaut mieux être un boulanger créatif qu’un artiste qui imite les autres artistes. Mais si vous décidez de vous consacrer intégralement à l’art, dans cette situation il vaut mieux abandonner votre profession actuelle.

Des nouvelles perspectives pour l’art ?

L’art de nature invisuelle contribue à la réinvention de l’art en offrant aux artistes une multitude de libertés et de nouvelles perspectives. Parce que l’art est inséparable du travail avec l’incertitude, il n’y a qu’après l’œuvre d’art, autrement dit après l’art visuel, que l’artiste trouvera ce paramètre de travail, c’est-à-dire dans l’art invisuel.